Table-ronde sur le thème: "« violences dont sont victimes les femmes : droits. Justice. Action »

Vie du tribunal
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Table ronde sur le thème des violences faites aux femmes

 

Le 9 mars 2026, dans le cadre de la célébration de la journée internationale des droits des femmes, le tribunal, à l’initiative de sa référente égalité-diversité, Mme Agathe Bergantz, et de ses référentes communication, Mmes Christelle Oriol et Julie Pariset, a organisé une conférence-débat sur le thème « violences dont sont victimes les femmes : droits. Justice. Action ». Cette conférence s’est faite sous les regards croisés de Mme Christine Gabel, déléguée départementale du Val-d'Oise aux droits des femmes et à l’égalité, Mme Virginie Laurent, autrice et accompagnatrice de femmes victimes de violences, de Me Laurence Benitez de Lugo et Me Philippine Parastatis, avocates, qui conseillent et défendent ces femmes, et d’Agathe Bergantz, rapporteure publique près la 5ème chambre du tribunal et référente égalité-diversité.

Devant une assemblée d’une cinquantaine d’agent(e)s du tribunal, Mme Christine Gabel a fait le point sur les statistiques, qui montrent que le chemin vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes est encore long et que la lutte contre les violences à leur égard doit se poursuivre. Rien qu’en 2024, la France a compté 107 féminicides, tandis qu’en 2023, environ 376 0000 femmes majeures ont été victimes de violences physiques, verbales e/ou psychologiques au sein du couple[1]. Si ces chiffres sont accablants et toutes les classes sociales concernées, l’Etat n’est pas inactif. Notamment, il déploie depuis 2023 le « pack nouveau départ », qui, en lien avec les travailleurs sociaux et les associations d’aide aux victimes, permet d’accompagner les femmes prêtes à quitter un conjoint violent.

 

 

Mme Virginie Laurent, Française et conférencière exilée au Québec depuis 15 ans, elle-même victime de violences, a pour sa part insisté sur l’importance de la parole et de la thérapie pour retrouver de la bienveillance envers soi-même après une expérience traumatisante. Seules, les femmes ne peuvent pas sortir de la spirale de la violence.

Me Benitez de Lugo a quant à elle présenté le modèle espagnol de lutte contre les violences conjugales, avec des équipes de police dédiées au suivi des victimes, des tribunaux spécialisés pour traiter des violences de genre et un arsenal législatif de protection complète et immédiate des victimes. Grâce à ce dispositif complet, le nombre de féminicides a baissé de 25 % en Espagne depuis 2004. En France, les résultats sont moins bons, surtout pour les étrangères en situation irrégulière sur le territoire français, particulièrement vulnérables. Proies de choix pour les trafiquants et autres criminels, elles ont beaucoup de mal à accéder aux dispositifs d’aide et d’accompagnement, ne serait-ce que parce que la preuve des violences endurées est encore plus dure à administrer pour elles que pour les victimes françaises, comme l’a souligné Me Parastatis.

Pour conclure, Agathe Bergantz a relevé que le juge administratif n’est pas sans ignorer la situation des femmes victimes de violences. Certes à travers le droit des étrangers et les contentieux sociaux, qui représentent plus de 75 % de notre stock, mais également à travers le contentieux de la décharge de responsabilité solidaire, quasi exclusivement féminin. Ainsi, lorsqu’un époux indélicat a fraudé le fisc et quitté la France, c’est vers la femme, bien souvent ignorante des faits commis, que l’administration fiscale se tourne pour recouvrer sa créance. Les violences faites aux femmes, essentiellement physiques, psychologiques et sexuelles, peuvent également être économiques.

La conférence, émaillée d’exemples concrets et souvent émouvants, a donné lieu à des échanges nourris avec un public venu nombreux. Si le tableau est encore sombre, les motifs d’espoir ne sont pas inexistants, avec des mentalités qui changent progressivement et des dispositifs qui, petit à petit, permettront sans doute à la honte de changer de camp.  

Contacts presse :        

Christelle Oriol, Julie Pariset :

communication.ta-cergy-pontoise@juradm.fr

 

[1] Les chiffres de référence sur les violences faites aux femmes | Arrêtons les violences